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Les Couleurs en Arthérapie
 

A travers mes différents accompagnements avec l’Arthérapie, que ce soit en individuel ou en petit groupe, j’observe que la COULEUR est reine.

Sa présence ou son absence questionne. Pourquoi telle couleur ? Quel processus vers cette couleur ? Comment obtenir cette couleur ? Que vient dire cette non utilisation des couleurs ? Etc

Pour cet article, j’aimerais repartir de nos conceptions sans doute classiques des couleurs, en lien avec les EMOTIONS, ce que l’on cherche à dire en choisissant, consciemment ou non, une couleur plutôt qu’une autre.

Je m’appuie sur mon expérience, sur les livres La couleur des émotions d’Annallenas, et Mes émotions avec Gaston la Licorne, de Aurélie Chien Chow Chine, qui sont très intéressants pour accompagner les enfants et les jeunes. Également sur le jeu Colorama de Gallimard Jeunesse. Et sur les propositions de l’Art thérapie évolutive.

 

Le Rouge nous parle souvent de la colère. Cette émotion est traduite dans le corps, nous nous voyons devenir rouge de colère. Une situation ne nous plaît pas, cela ne se passe pas comme prévu, nous nous sentons attaqués, et voilà que nos poings se serrent, nos sourcils se froncent et la colère éclate. En Arthérapie, les collégiens du petit groupe « Etre mieux avec soi pour aller vers les autres » ont naturellement représenté cette émotion avec cette couleur. Une patiente qui utilisait l’encre pour la première fois, en séance individuelle, a choisi le rouge qui lui a semblé du sang… Le rouge nous relie donc à un vécu primaire, à quelque chose qui vient des tripes… Cela peut donc aussi être l’Amour, une énergie de vie, la passion ….

On peut devenir « rouge pivoine » lorsque l’on a honte.

On pense aussi au chakra racine qui nous parle de notre incarnation, de comment on a les pieds sur terre justement.

 

Le Vert nous parle aussi de cette colère dévastatrice : « vert de rage ». On pense ici à ce personnage de Marvel Hulk ! Le docteur Bruce Banner est réveillé par la colère qui le fait se métamorphoser en ce colosse à la peau verte (cela revient de loin puisqu’on le rattache à son enfance où il était battu par son père).

C’est la peur : « vert de peur », en lien aussi avec le dégoût ; lorsque l’on a la nausée, on prend une couleur verdâtre.

Le vert kaki nous parle du domaine militaire.

Le vert c’est aussi le lien avec la nature, le renouveau, le printemps, ce qui apaise. On trouve donc dans cette couleur le poison et l’antidote. Une patiente qui est venue au cabinet, a pu dessiner son jardin d’enfance notamment avec l’herbe et un arbre en feuilles et fleurs, cela lui a permis de revisiter cette partie de sa vie et de s’assurer une certaine force avec cet arbre solide.

On parle du vert de l’espoir (et du désespoir).

C’est la chakra du cœur et donc de l’Amour.

 
 

Le Bleu, c’est le bleu de la mer, le bleu du ciel.

On parle aussi d’une « peur bleue ».

Le bleu, c’est la couleur des émotions, et aussi de l’apaisement.

Sur le dessin d’un pré-adolescent en séance individuelle, est apparu un cadre noir avec des éléments de vie à l’intérieur, qui a été totalement bordé (voire débordé) de bleu. On peut penser à un enfermement des émotions, qui font peur puisqu’on ne sait pas comment les vivre, les apprivoiser, les exprimer…

On voit ici le chakra de la gorge qui nous parle de communication.

Le Jaune c’est une couleur de joie, de valeur de soi, de l’argent.

C’est le soleil.

Au niveau des chakra, c’est le plexus solaire, c’est le carrefour des émotions.

Dans un dessin d’enfant où tout est noir, on peut proposer d’amener de la lumière avec le dessin d’un soleil ou d’une ampoule par exemple.

C’est une couleur de partage, le jaune nous contamine.

On peut penser aussi au bus scolaire américains, on les voit de loin grâce à leur couleur jaune, qui peut ainsi inspirer la sécurité.

 

Pour cette fois-ci je m’arrête ici, la suite des couleurs au prochain épisode !

 

En Arthérapie, on invite les personnes à pouvoir exprimer ce qu’elles portent en elles. Les couleurs sont comme des notes de musique, elles font appel à nos émotions enfouies. L’atelier ou le cabinet propose un cadre où cela est possible. Que ce soit directement sur la feuille avec le jeu des couleurs, ou à travers une montée d’émotion comme la colère de part ce que l’on raconte, ou les larmes de la tristesse, ou le rire de la joie…

L’Arthérapie permet et accueille ces couleurs émotionnelles à la fois par la reconnaissance, une mise à distance, l’expression et peut-être une transformation.

 Pour mettre tout le monde d’accord, j’ai décidé d’accoller les 2 termes d’art et de thérapie. Si vous saviez combien d’encre a fait couler ce tiret qui normalement les unit en les séparant… Au -delà des conceptions théoriques intéressantes et enrichissantes, je souhaite aujourd’hui vous partager ma vision de l’arthérapie, qui est en lien avec mes études dans différents contextes, mes voyages, mes lectures, mes échanges avec d’autres et surtout ma pratique.

  • L’arthérapie est donc une discipline issue de 2 milieux, celui de l’art et celui de la psychologie, voire au départ de la psychiatrie.
  • Si l’on fait un bref historique, l’arthérapie remonte à ce qu’on appelait alors en milieu hospitalier, l’occupationnel. C’est-à-dire qu’il fallait trouver un moyen d’occuper les patients alors qu’ils étaient enfermés entre quatre murs, si ce n’est toute leur vie, au moins une grande partie. Et les journées étaient longues. Les personnes se sont alors mises à peindre, et on s’est rendu compte que cela avait un effet sur leurs humeurs, même sur leur maladie !

L’ Arthérapie

  • Le terme « art-thérapie » est attribué à Adrian Hill, artiste et thérapeute, qui dans les années 1940 fut hospitalisé pour cause de tuberculose au sanatorium du roi Edouard VII à Midhurst, en Angleterre. Il utilisa l’art (plastique) de façon intuitive lors de sa convalescence. Il développa ensuite cette pratique afin qu’elle soit accessible à tous les malades.
  • Avant lui, au début des années 1900, Prizhorn avait rassemblé une collection d’oeuvres de fous dont il a fait un musée d’art pathologique à Heidelberg, en Allemagne. On en retrouve l’histoire au Musée de l’art brut à Lausanne en Suisse, à l’initiative de Dubuffet, peintre, sculpteur, plasticien français.
  • En France, nous avons rapidement utilisée cette technique, dont l’efficacité n’a été reconnue qu’à la fin des années 1980, voire début 1990.

Aujourd’hui, des formations diverses sont proposées, des art-thérapeutes s’installent, des ateliers fleurissent un peu partout. Et même si l’arthérapie n’est pas toujours connue du grand public, elle commence à se répandre, que ce soit dans le champ associatif, hospitalier, au niveau psychologique ou social… Il n’est pas toujours facile de s’y retrouver pour les personnes désireuses d’utiliser cette thérapie. Si cela vous rassure, il y a des annuaires de référencement. Vous pouvez aussi vous renseigner sur le site du thérapeute. Et suivre votre instinct, votre cœur, ce qui vous parle.

  • On peut pratiquer l’arthérapie en individuel ou en groupe. A mon sens il n’y a pas de contre-indication formelle à cette forme de thérapie, si ce n’est une limitation physique lors de certaines maladies, une trop grande léthargie, ou un risque d’éparpillement, selon la technique employée.
  • Si l’on en vient à une définition, l’Arthérapie est une forme d’expression de soi à travers l’art utilisé comme média, et qui se veut thérapeutique. Elle est un processus qui est accompagné par le.la thérapeute. Il n’y a pas de recherche esthétique en soi, même si elle peut venir de surcroît et que l’on peut se mettre à une pratique artistique à l’issue d’un suivi avec l’art-thérapie. L’idée est de dire ce qu’il y a à dire, au-delà des mots-maux. C’est une thérapie ludique et libératrice. Il n’y a plus de jugement mais une reconstruction de l’amour de soi à travers la perception de sa valeur.
  • En arthérapie, la rencontre se fait entre le patient/client/ la personne et le.la thérapeute, autour d’un média (en l’occurrence plastique pour moi, c’est-à-dire dessin , peinture, pastel, encre, collage, terre…). Il y a donc un objet qui fait tiers. La relation ne se construit pas seulement autour de la parole. Ici, le corps est engagé.
  • On peut notifier aussi que l’arthérapie se décline à travers les différentes formes d’art, telle que la musique, le théâtre, la danse, le chant… On parle aussi de « médiations thérapeutiques par l’art », ce qui se distingue de l’art-thérapie sur divers points, que j’évoque dans ma vidéo « L’art-thérapie pour tous » que vous retrouvez sur ma chaîne YT : Evolutioner avec Marie-Liesse.

Pour autant, il est important de se rappeler que tout n’est pas thérapeutique. Aujourd’hui, on utilise ce terme même sur des cahiers de coloriage… Bien sûr, c’est agréable de pouvoir crayonner, et on se détend le corps et l’esprit. De plus, quelque chose n’est pas thérapeutique en soi, mais peut le devenir. On ne peut le savoir à l’avance. Pourtant, l’arthérapie est réellement une forme de thérapie, elle n’est donc pas un cours de dessin où l’on apprendrait des techniques. Oui, le.la thérapeute peut proposer, guider, apporter un soutien pratique mais il ne s’agit pas de cela en soi. Mais bel et bien, comme décrit plus haut, d’un moment d’expression de soi, de ses conflits internes, de ses doutes, angoisses, interrogations,… afin de pouvoir les voir à distance et en faire ensuite quelque chose.

  • L’arthérapie peut être proposée à l’issue d’un deuil, d’un traumatisme, lors d’une maladie physique ou psychique, si l’on cherche à mieux se connaître, pour travailler sur la confiance en soi, l’image de soi, la relation aux autres…
  • Elle s’adresse à tous les âges de la vie, de l’enfant, à l’adulte, en passant par l’adolescent et jusqu’à l’ancien ; que ce soit en institution (hôpitaux, maisons de retraite, écoles, associations…) ou en cabinet.

Souvent j’entends : « mais je ne sais pas dessiner ! », ou « c’est pour les enfants, non ? », ou « en quoi cela fonctionne-t-il ? » et autres réticences ou idées reçues;)

Alors, ce que je vous propose, c’est d’OSER, essayez, et vous verrez !