Lorsqu’on est catholique et qu’on va à la messe le dimanche, on sait qu’il y a un moment de la cérémonie qui s’appelle “intention de prière”. Et là immanquablement “la paix dans le monde” est invoquée. Et c’est juste puisque c’est ce dont l’Etre a besoin, de paix. Peut-être que les guerres s’arrêteront un jour, ou peut-être pas. Peut-être que le monde, notre monde tel que nous le voyons à travers le champ étroit de notre conscience à peine éveillée, s’auto-détruira et mourra de ses guerres. L’Apocalypse de la Bible y fait référence et un regard lucide sur nous-mêmes fait concevoir cette issue comme envisageable.


La guerre est donc l’antonyme de la paix. La paix est-elle possible? C’est sans doute une question centrale lorsque l’on réfléchit sur ce terme. Notre Terre peut-elle trouver la paix? Ou la paix ne se rencontre-t-elle que dans un monde autre, un monde différent, un lieu de félicité promis dans l’au-delà, qui se gagnerait par de bonnes actions, pensées, une spiritualité élevée etc ?

Et pourquoi pas la paix maintenant et non pas dans la mort? Pourquoi attendre? Qu’attendre?


Je pense que la paix est un chemin, un chemin de vie et de lumière. 


La paix peut se trouver ici et maintenant. Du moins on peut commencer à la chercher. Je ne sais pas si beaucoup d’êtres se sentent réellement en paix. Il y a la paix extérieure et la paix intérieure.


Bien sûr si l’on commence à se pencher sur les pays en conflits sanglants dont les populations sont les victimes d’une poignée d’hommes fous de pouvoir et d’argent, la paix semblent complètement hors de propos. Et pourtant, si l’on écoute bien, on peut se rendre compte qu’il existe des parenthèses de paix même dans ces histoires. Des femmes et des hommes sont capables de se tendre la main et de transcender les conflits. Un exemple frais: les femmes israéliennes et palestiniennes qui ont marché ensemble pour la paix justement. 


Que faire? Quel rôle tenons-nous dans ces mouvements de guerres et de paix?


Il est important de ne jamais oublier ceux qui sur d’autres continents, dans d’autres pays, souffrent de ces affrontements absurdes. Face aux mensonges historiques, aux manipulations d’informations, aux disparitions de personnes etc on ne peut rester insensible.


La paix est l’affaire de tout le monde et elle commence par chacun. Nous voulons la paix pour le monde mais nous faisons la guerre dans nos familles, nos familles qui construisent nos pays, nos nations, nos société. Comment guérir le monde si on commence par s’entretuer au sein de nos familles? 


La paix c’est le calme, la sérénité, une stabilité, une tranquillité.


Comment atteindre la paix intérieure quand tout ce qui est à l’extérieur de nous-mêmes nous agresse? La paix est-elle liée aux stimulations externes?

C’est une question tendancieuse puisque nous sommes habitués à répondre que oui! Mon frère m’embête (attention, réplique de mon enfance : “Mammaaann, il m’a traitéééée!!”, alias il m’a insulté, le il étant bien sûr mon frère), je bouillonne, je perds ma paix. Je suis donc soumise aux contraintes extérieures. Et pourtant, avec de l’entrainement (la méditation, pour ne citer qu’elle, + les lectures des sages + la récitation de mentras + l’introspection + l’élargissement de la conscience…) on peut parvenir à s’améliorer, à prendre de la distance avec ce qui nous arrive, ce qui nous touche et nous remue. Tout le monde n’est pas appelé à être un moine bouddhiste ou à devenir aussi léger qu’une plume. Mais chacun peut évoluer vers son bien. En apprenant à prendre du recul avec nos émotions et pensées (voir mes autres billets, notamment ‘Le Poids qui pèse’afin de couper les chaînes nocives de nos associations mécaniques, on devient observateur de soi-même. Et oui, et là est le secret. Je me vois moi, j’entends l’autre qui me parle, qui m’attaque, mais je ne me sens pas blessé par lui. Je décide de préserver ma paix intérieure. Parce que c’est ce qui me permet de vivre heureux. 


Faut-il la guerre pour obtenir la paix? La sentence romaine ‘Si vis pacem, para bellum’ (Si tu veux la paix, prépare la guerre) est-elle juste? Même si l’on sait qu’elle a assuré la Pax romana, comment en est-on arrivé là? N’est-il pas absurde de penser se battre pour assurer sa tranquillité? Et pourtant il en est souvent comme ça, en tant que victime d’une agression, je me défends, je ne vais pas laisser l’autre me détruire. Ou j’anticipe une éventuelle agression du fait de l’attitude de l’autre, et je me défends d’emblée. C’est la peur qui est le moteur de toute ce mécanisme. L’autre va me faire du mal, il me regarde mal, il me rejette, donc je le blesse avant qu’il ait l’occasion de m’atteindre. Cela peut m’assurer une certaine tranquillité extérieure, un respect craintif de la part de l’autre. Mais qu’en est-il de l’intérieur?


Pour atteindre la paix, il nous faut acquérir en premier la patience. Afin d’être comme le canard, doux et imperméable. Il ne s’agit pas de devenir insensible au monde, pas du tout mais d’apprivoiser ses émotions et de savoir jouer avec sans en être esclave. Début de la sagesse.


Nous devons tous être des ambassadeurs de la paix, ce n’est pas un rôle réservé à celui qui en porte le titre.