Dans notre vie quotidienne nous souffrons, à cause de quoi, pourquoi? Qu’est-ce qui nous met dans cet état d’inconfort? Comment pouvons-nous en sortir? C’est ce que cet article se propose d’explorer.

Et la douleur fut!

On ne peut parler de souffrance sans passer par la douleur qui est ce qui fait mal, ce qui nous fait sortir de notre état de veille, pour nous mettre dans un état d’inconfort corporel et/ou psychologique, quelque chose qui est advenu ou qui nous menace. 

On peut avoir mal dans son corps (des bobos quotidiens aux maladies chroniques, des douleurs aiguës aux lancinantes…), son cœur, son esprit.  C’est d’ailleurs là que le travail des psycho-thérapeutes prend tout son sens. Aujourd’hui, aller consulter est beaucoup plus accepté qu’avant. De plus, notre monde s’éveille et accouche d’accompagnants de tous genres (pour le meilleur comme pour le pire, prenez toujours soin de vous en vous offrant le temps du choix en conscience, vous pouvez consulter à ce propos ma vidéo sur Youtube: )

Le chemin de la douleur…

Il faut savoir que le chemin de la douleur est un message nerveux envoyé à partir d’une lésion au cerveau où il devient réellement douleur. Il est ainsi véhiculé le long des nerfs périphériques où l’intensité peut-être modulée. Puis il passe par la moelle épinière et arrive enfin au cerveau (thalamus et cortex). 

La bonne nouvelle c’est que l’organisme crée ses propres substances anti-douleur, des morphines naturelles appelées endorphines!

Or, je ne vous apprends rien, l’esprit et le corps sont liés. C’est un coeur à corps où le mental joue un rôle important. Le corps peut se rendre malade si l’esprit ne se repose pas… Alors à l’heure des maladies dues au stress,  je ne saurais que trop  nous rappeler:

“Mieux vaut prévenir que guérir”

Comment passe-t-on de la douleur à la souffrance?

On peut dire que cela dépend de l’attitude de chacun envers la douleur. L’échelle de la douleur est en effet codée différemment par chaque personne. On supporte plus ou moins bien les agressions extérieures. Cela est dû à notre métabolisme, aux défenses que l’on a mises en place pour se protéger, à notre vécu, à notre situation de vie, à notre hygiène de vie, mais aussi à notre éducation face à la douleur.

A-t-on besoin de souffrir? La souffrance est inhérente à l’être humain. 

Dans l’hédonisme le bon et le mauvais résident dans le plaisir et la douleur. Pour les épicuriens, il s’agit plus de prévenir la souffrance, la tranquillité étant synonyme de bonheur. Chez les partisans du stoïcisme, la maîtrise de soi -même devant les pires douleurs- est de mise.

Pourquoi souffrir? 

La douleur est un signal d’alarme. Elle met en alerte et permet de se protéger. Un stimulus désagréable entraîne une réaction de défense. Cela vient de notre héritage du cerveau reptilien.

Si l’on regarde à travers le filtre de la culture religieuse, qui a modelé nos inconscients collectifs, dans  la Bible, la souffrance est liée au péché originel. L’homme a été puni de sa faute. Mais Jésus le sauve par sa compassion illimitée. Il se livre sur la croix pour le racheter. Pour les musulmans, Allah a donné la souffrance et aussi les moyens pour lutter contre: la prière et la médecine. En Orient, on considère que la spiritualité permet de s’affranchir de la douleur. 

La souffrance, prisme humain.

La souffrance est un passage dans la vie de l’être humain. Tout comme la réussite est source de plaisir et même de joie, l’échec peut être douloureux ou source d’apprentissage si l’on choisit, si l’on a la capacité de prendre du recul et de tirer un enseignement de ce qui nous est arrivé (seul.e ou accompagné.e d’un professionel.le). Ce n’est pas forcément immédiat, nous avons souvent besoin de plusieurs étapes, et de temps pour y arriver. 

Cela s’appuie sur le principe de binarité, de dualité qui nous fait voir la vie en deux catégories, le blanc et le noir, le jour après la nuit, la joie après la peine, la santé ou la maladie, le calme après la tempête, la lumière au bout du tunnel, le bonheur ou le malheu,r etc. Tout ceci est le jeu des sentiments, des émotions, du cycle de la vie qui nous montre que tout passe et que nous ne pouvons nous accrocher à rien, si ce n’est à nous même et à notre chemin qui lui-même n’a de cesse de nous surprendre et de nous apprendre. 

Les étoiles brillent seulement dans la nuit ! 

Qui souffre? Moi…

Qui ou qu’est-ce qui me fait souffrir?

On a souvent tendance à blâmer l’autre de ce qui nous arrive de désagréable dans notre vie, de nous justifier de nos états d’âme et de nos réactions en parlant/partant de stimuli extérieurs.

Or la seule personne qui souffre c’est le JE; c’est lui qui ressent la souffrance. On se place alors dans un mécanisme d’action-réaction qui nous fait immédiatement renchérir à ce que l’on ressent comme une attaque (moi inclue !).

Si nous prenons le temps de nous arrêter un moment, nous pouvons apprendre à observer ce moment de bascule où nous choisissons notre réaction face à une situation qui nous est désagréable.

C’est à ce moment-clé que nous avons le choix d’agir ou de réagir! Je ne dis pas que c’est évident… Mais à force d’entraînement c’est libérateur pour soi…et pour les autres.

 La réaction est engagée sous le coup de l’émotion.  Je peux alors me demander: Qu’est-ce que l’autre a touché chez moi qui me fait réagir, réagir ainsi? Qu’est-ce que l’autre me renvoie qui me fait mal, qui me dérange, qui me remet en cause?

C’est quoi la souffrance alors ?!

La souffrance serait due à une insatisfaction fondamentale engendrée par un refus de voir la réalité telle qu’elle est . C’est l’apprentissage du vivre dans le moment présent. 

Dans la dépression par exemple, se met en place un cercle vicieux qui nous fait nous focaliser sur ce qui ne va pas, ce qui nous manque, ce qui ne fonctionne pas comme on le voudrait. Peu à peu on devient comme obsédé par cet aspect négatif pour ne plus réussir à s’animer avec les petits bonheurs quotidiens. Se met en place une inertie attachée à une tristesse chronique.

Que faire de cette souffrance?

  • Nous  pouvons apprendre à l’accueillir. Lutter contre elle en la refusant ne fait que l’amplifier. Je nous propose, pour ne pas faire de nos vies des guerres sans fin, d’accepter la souffrance…
  • En commençant par la conscientiser afin de l’empêcher de s’exprimer d’une manière détournée (à travers le corps notamment par la somatisation).
  • En apprendre quelque chose (comme nous l’avons vu plus haut), avec le recul, avec le temps qui nous fait relativiser. L’envisager comme une expérience de vie, une nouvelle pierre à notre édifice, un lieu par lequel nous sommes déjà passé, qui pourra nous servir dans le futur, ou servir à un autre. 
  • La traiter ensuite. Pour cela, à chacun sa méthode. Aujourd’hui l’offre est multiple et métissée et permet à chacun.e d’y trouver son compte. L’exprimer est déjà un bon début. Cela peut passer par les mots, par le corps, par un voyage… avec soi-même, avec des proches, avec un.e professionnel.le. 
  • Se faire accompagner. Ne restez pas seul.e. Mettre du sens, permet de mettre à distance et de repartir du bon pied. 
  • La transformer, la sublimer. Cette étape peut se faire par l’expression artistique ou thérapeutique, grâce notamment à l’art-thérapie qui permet de dire sans dire, de façon ludique et sans besoin d’avoir de talent particulier. C’est un moment de lâcher prise en confiance pour mieux se connecter à soi.
  • Le retour au corps est très intéressant dans ce rapport à la douleur/souffrance, puisque c’est lui qui en est le premier indicateur. Avoir conscience de son corps, et accepter au fur et à mesure de l’écouter (sans pour autant que notre nombril soit celui du monde ;)) nous permet de conscientiser ce qui nous fait du bien ou pas, et de définir nos limites. Ici je pense aussi à la respiration-relaxation-méditation dans cette reconnexion au corps. 
  • S’éloigner des objets de souffrance si c’est insupportable, intolérable.  Tout n’est pas acceptable. Ce qui compte, c’est que vous puissiez prendre soin de vous. L’amour ne détruit pas, il grandit. Donc le jour où vous êtes prêt.e, apprenez à dire non ! à poser vos limites en toute tranquillité, parce que si vous ne vous respectez pas, personne ne le fera pour vous.
Même si la souffrance est partie inhérente de nos vies, elle n’est pas une fatalité. Le but est d’atteindre une joie intérieure qui soit là le plus souvent et le plus profondément possible, de pouvoir réaliser vos rêves et devenir de plus en plus qui vous êtes. 

A très bientôt, merci de m’avoir lue et prenez soin de vous, puisque vous valez de l’or!!

Mention spéciale à  Athéna, déesse de la guerre juste.